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Barbarian Invasion : Factions(1/2)

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Les forêts de Germanie abritent depuis des siècles de nombreuses tribus guerrières. Les légions romaines ne sont jamais parvenues à soumettre ces territoires, perdus aux confins de la civilisation. Les Alamans, apparentés aux Suèbes, sont l’une des innombrables tribus dites germaniques implantées dans la région. Ils se firent connaître des Romains en 213, lorsqu’ils lancèrent de vaines incursions dans la région de l’Elbe et du Danube. Ils tentèrent également de s’imposer à leurs voisins, parmi lesquels les Francs et les Frisons, avec un succès mitigé.

Aujourd’hui pourtant, les menaces qui pèsent sur eux conjuguées à d’alléchantes opportunités de conquête les poussent de nouveau à convoiter les terres situées au-delà de leurs frontières. Les peuplades nomades de l'est se pressent aux frontières des tribus germaniques, plus sédentarisées. La faiblesse de Rome n'est désormais plus un secret pour personne : l'empereur Julien, vainqueur des Alamans en 357, est mort et ses successeurs sont loin de pouvoir rivaliser avec son génie militaire. Le monde romain est à nouveau divisé, et l'occasion est belle de déposséder de ses plus riches provinces un empire en pleine déliquescence.

Historiquement, les Alamans franchirent le Rhin gelé en 366 pour envahir l'empire. Ils finirent par se fixer en Alsace, en Suisse et dans le sud de l’Allemagne. Les Alamans ont donné leur nom à l’Allemagne, en français mais aussi en espagnol : Alemania.

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Constantin le Grand entreprit de réformer l’empire romain à son profit. Il établit une nouvelle capitale à l’est, sur le site de l’ancienne Byzance qu'il rebaptisa, en son propre honneur, Constantinople. Il imposa le Christianisme comme nouvelle religion d’état et, par la seule force de sa volonté, restaura la puissance et l’unité de l’empire romain. Depuis sa mort, survenue en 337, rares ont été les empereurs capables de régner seuls sur le monde. Faute de mieux, l’empire romain s’est scindé en deux parties inégales.\n\nGouverné depuis Constantinople, l’empire romain d’orient est riche et puissant, bien que de tradition plus grecque que romaine. Contrairement à l’empire d’occident, le commerce s’est maintenu et les rentrées foncières conséquentes ont pourvu l’empire d’orient d’un puissant appareil militaire, justifié par la menace d’un redoutable voisin : les Sassanides, dignes successeurs de l’empire perse de jadis. En revanche, l’empire d’orient n’a pas eu trop à souffrir des incursions des tribus barbares du nord. Avec de l’ambition, un empereur d’orient pourrait certainement asseoir son autorité sur Rome et réunifier l’empire sous sa bannière.

Historiquement, l’empire d’orient survécut à la chute de Rome, et ses armées continuèrent de servir "le sénat et le peuple de Rome" pendant plus de 1000 ans encore. L'empire romain d'orient, devenu l'empire byzantin, disparut finalement en 1453.

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Après la mort de Constantin le Grand en 337, l'empire romain fut partagé en deux parties inégales mais demeura chrétien, de nom du moins. D'autres hommes aspirèrent alors à dominer le monde, mais ils échouèrent tous. Julien l'Apostat, le dernier à s'y être essayé, consacra toutes ses forces à rétablir la religion païenne dans l'empire romain. Il échoua.\n\nAujourd'hui, l'empire d'occident est le maillon faible du monde romain. L'Europe occidentale s'appauvrit tandis que plus à l'est, l'empire d'orient déborde de richesses. La chute de la natalité s'accompagne d'une baisse des rentrées fiscales, pourtant indispensables à l'entretien d'une armée efficace. Depuis une centaine d'années, les barbares sont autorisés à s'installer dans les provinces romaines et même à rejoindre les rangs de la légion. Aujourd'hui, l'empire d'occident est vulnérable. Un empereur fort pourrait tenir les frontières face aux barbares qui fondent sur l'empire du nord et de l'est. Un empereur fort pourrait même réunifier l'empire et refaire de Rome le centre du monde, mais recevoir le titre d'Auguste n'est pas à la portée du commun.\n\nHistoriquement, l'empire romain d'occident se disloqua en 476. Romulus Augustule, le dernier empereur, était d'une telle insignifiance qu'il fut simplement déposé et autorisé à finir ses jours en exil. Rome fut alors soumise à l'autorité d'une succession de rois barbares tandis que l'enseignement ne perdurait plus que par le biais de l'Eglise catholique romaine.

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Les Francs ou Franci, les "hommes libres", étaient un peuple germanique originaire de la région du Rhin, dans l'ouest de l'Allemagne. Tacite les assimila aux sauvages tribus germaines lorsque les Romains les rencontrèrent pour la première fois, mais les Francs étaient assez disciplinés pour tenir tête aux légions. Aussi organisés fussent-ils, toutefois, ils ne parvinrent jamais à mobiliser une force suffisante pour envahir les provinces romaines, même deux siècles plus tard. Suite au déclin des Chérusques, jusqu'ici la tribu dominante, les Francs constituèrent une coalition de tribus de moindre importance. Une telle alliance défensive se justifiait au regard des terribles menaces qui se profilaient au-delà de leurs frontières, au premier rang desquelles la migration des tribus nomades venues de l'est.\n\nA l'instar des autres tribus germaniques, l'infanterie franque était réputée pour sa bravoure et sa férocité au combat. Armés de la francisque, une hache de lancer dévastatrice , les guerriers francs avaient tout pour inspirer la peur à leurs ennemis. Un fier seigneur de guerre était en position de soumettre la puissance vacillante de Rome à la domination des Francs.

Historiquement, les Francs occupèrent toute la Gaule dès 476, année qui scella la chute définitive de l'empire romain d'occident, et donnèrent leur nom à leur nouvelle terre d'élection : la France.

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En 376, une rumeur gagne le monde romain : une terrible peuplade venu des confins de l'orient serait aux portes de l'empire. D'après cette rumeur, des sorcières goths chassées de leurs tribus se seraient unies aux esprits malins pour enfanter des demi-hommes soudés à leurs chevaux. Le visage de ces étranges créatures cornues était celui du diable. Plus inquiétant encore, les Goths eux-mêmes implorèrent la protection de l'empire. Cette nouvelle terreur avait un nom : les Huns. Issus des steppes mongoles, ces nomades comptèrent parmi les plus redoutables adversaires du monde civilisé. D'ailleurs, on assimile parfois les Huns aux Xiongnu, qui menacèrent jadis la Chine.

Quelle que fut leur origine, les Huns semèrent la terreur parmi leurs ennemis. Ils absorbèrent dans leurs rangs les plus faibles d'entre eux, comme la tribu des Alains. Ils sont de loin les meilleurs cavaliers du monde connu : ils se tiennent en selle avant même de savoir marcher et l'Europe comme l'Asie leur envient leurs redoutables arcs composites. Ils constituent tout simplement une terrifiante menace pour tout peuple qui se dresserait sur leur passage : un peuple guerrier à la vigueur légendaire. \n\nHistoriquement pourtant, les Huns ne purent conquérir les provinces romaines. Leurs victoires furent multiples, mais même Attila ne parvint pas à soumettre l'empire romain. Les Huns réussirent à prendre la Hongrie, mais ne purent véritablement percer les frontières impériales. Ils furent finalement repoussés jusque dans leurs steppes par les Germains.

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Les Sarmates étaient un peuple de langue perse établi dans les plaines séparant la mer Caspienne de la mer Noire. D'après l'historien grec Hérodote, ils seraient apparentés aux Scythes par leurs pères et aux Amazones par leurs mères. Au cours des siècles, ils migrèrent vers l'ouest, au-delà du fleuve Don. Les Grecs témoignèrent d'une région dévastée, rendue désertique par la sauvagerie des "Syrmatae". Les Sarmates étaient certainement assez puissants pour rançonner les villes situées sur le pourtour de la mer Noire. Les femmes sarmates suivaient leurs compagnons à la guerre, habillées de vêtements d'hommes et d'armures. Les vierges sarmates n'étaient pas autorisées à se marier avant d'avoir terrassé un ennemi. Constitués en troupes de cavalerie lourde et d'archers montés, les Sarmates n'étaient pas des adversaires à prendre à la légère.

Les Sarmates sont d'un naturel belliqueux, et parfaitement capables d'assurer leur domination sur les steppes et une grande partie de l'Europe. Malgré tout, leur situation n'a rien d'enviable, entourés qu'ils sont de barbares et de nomades tout aussi disposés à la guerre. Plus au sud, l'empire sassanide promet de grandes richesses à celui qui saura s'en emparer. Encore faut-il qu'une éventuelle confrontation avec les Romains détourne leur attention de la menace sarmate. Certains d'entre eux, auxiliaires de la légion romaine, échouèrent en Britannie. Ceux qui trouvèrent refuge au coeur de l'empire romain subsistèrent tant bien que mal, et jouirent d'une relative autonomie. Les autres furent exterminés par les Huns.

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Les Sassanides, dernière dynastie perse authentique, supplantèrent les Parthes pour gouverner la Perse jusqu'à la conquête arabe, plusieurs siècles plus tard. Campé au carrefour des routes commerciales, le dynamique empire sassanide débordait de richesses et d'opulence grâce à une administration sans faille. Leurs armées, aussi efficaces que l'empire était riche, représentaient une menace constante pour Constantinople.

Les tensions avec les Romains s'expliquaient principalement par l'établissement de la religion zoroastrienne comme religion d'état en terre sassanide, et la persécution des Chrétiens qui s'ensuivit. Les Romains utilisaient ce prétexte pour déclarer la guerre aux Sassanides sitôt que le besoin s'en faisait sentir. Les Sassanides étaient sans aucun doute assez organisés pour étendre leur empire au-delà des frontières de l'Arménie et repousser les incursions des nomades des steppes. Plutôt que de se risquer en territoire sassanide, les nomades optèrent pour les provinces placées sous la tutelle de Rome, plus riches et moins coriaces.

Un chef sassanide ambitieux serait à même d'étendre son empire vers l'ouest, tandis que les empires romains, menacés par les hordes barbares, se perdent en vaines querelles intestines.

Historiquement, les Sassanides régnèrent pendant plus de 400 ans après la chute des Parthes, jusqu'à l'arrivée des Arabes et l'introduction de l'Islam en Perse. L'Islam se substitua à la religion zoroastrienne et la Perse fut annexée au Califat.

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Les Saxons étaient une tribu originaire du nord de l'Allemagne actuelle, du Danemark et de la Hollande. Ils composaient une société de guerriers endurcis, contraints à l'exil par les invasions des tribus nomades, comme toutes les autres tribus germaniques. Mais plutôt que de tourner leur regard vers le sud, les Saxons choisirent d'émigrer par-delà la mer, vers la province romaine de Britannie. Pour parer aux incursions des Saxons - successivement pirates, envahisseurs puis colons - les Britons jalonnèrent la côte de forts.

En 410, devant la pression saxonne, les Britons en appelèrent directement à l'aide de l'empereur. En vain. Aussi habiles au combat qu'à la navigation côtière (ce qui leur suffisait amplement), les Saxons démontrèrent un vigoureux appétit expansionniste. Leur art de la guerre, tout germanique, privilégiait l'héroïsme individuel plutôt que les stratégies savamment orchestrées. Mais son efficacité ne souffrait aucune discussion.

Un chef saxon digne de ce nom devrait être capable de rivaliser avec les exploits historiques des Saxons et s'approprier la plus grande partie de l'ancienne province romaine de Britannie. Les guerres menées contre les autres tribus germaniques, si elles s'annoncent rudes, devraient être couronnées de succès. En revanche, les Saxons ne seront pas à leur avantage face aux peuples dont la cavalerie constitue le principal atout.\n\nHistoriquement, les Saxons et les Angles (une branche des Saxons) sonnèrent le glas de la Britannie en tant que telle et ouvrirent la voie à la naissance de l'Angleterre.

Leur influence et leur langage ont perduré jusqu'à nos jours.

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Durant des siècles, les Vandales vécurent dans la région connue plus tard sous le nom de Silésie. Mais devant l'avancée des tribus nomades, les Vandales fuirent vers l'ouest et débouchèrent en plein territoire romain. Leur migration repoussa les autres tribus vers l'ouest, créant ainsi un véritable effet domino.

Contrairement à d'autres peuples, les Vandales ne se fixèrent pas en Gaule et poussèrent jusqu'en Hispanie. L'empire romain d'occident leur concéda des terres, mais ils ne s'attardèrent pas dans la péninsule ibérique : ils poursuivirent leur route jusqu'en Afrique du Nord pour finalement établir leur nouvelle capitale dans une Carthage reconstruite.

Ils finirent par saccager Rome, contournant la Méditerranée par l'ouest avant de retraverser par le sud de l'Italie. Les Vandales se distinguèrent des autres barbares en adoptant la religion chrétienne, mais sous sa forme arienne. Leurs chefs en vinrent alors à persécuter les chrétiens romains et orthodoxes qui eurent le malheur de vivre sur leurs terres.

Bien qu'instables d'apparence, les Vandales constituent en fait une nation puissante dotée d'une armée efficace. Au cours de leur long voyage, ils parviennent à s'adapter à toutes les conditions et à défaire successivement tous leurs ennemis.

Un chef compétent saura les conduire à la victoire.

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Originaire de Scandinavie, cet ancien peuple germanique aurait traversé la mer Baltique pour s'installer sur ses rivages, avant d'investir la Dacie vers le IIIe siècle après J.-C.

Ils s'établirent sur les rives de la Vistule avant de se diviser en deux grandes nations : les Ostrogoths et les Wisigoths, ou Goths de l'ouest. Les Wisigoths furent les premiers barbares à effectuer une véritable percée en territoire romain.

Réputés moins brutaux que les autres tribus, ils inspiraient pourtant la peur à leurs ennemis. Ils avaient ainsi pour terrifiante coutume de sacrifier leurs prisonniers à Tyz, leur dieu de la guerre.

Depuis leur conversion à la branche arienne du christianisme, ils ont renoncé à ces pratiques. Ils restent malgré tout de féroces guerriers, prompts à exploiter la moindre faille de l'empire romain ou de leurs voisins barbares.

Historiquement, les barbares des steppes contraignirent les Goths à franchir, non le Rubicon, mais le Danube, et pénétrer ce faisant en territoire romain. Bien que résolus à vivre en bonne intelligence avec les Romains, les Goths subirent un traitement abominable.

A la bataille d'Adrianople en 378, les Goths écrasèrent l'armée impériale et tuèrent l'empereur.

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